SALUT L'AMI

Il y a des nouvelles qui vous serrent la gorge. L'annonce de la mort de Jean Ferrat est de celles là.

Il faisait partie de ces hommes qui n'ont jamais renié leur engagement. Il était aussi de ces hommes lucides qui n'acceptait pas pour pain béni tout ce que disait le Parti Communiste Français. Il a eu le courage de dénoncer l'invasion de la Tchécoslovaquie par les chars soviétiques, de critiquer "bilan globalement positif" de Georges Marchais jugeant le bilan des républiques socialistes. Mais jusqu'au bout, il est resté un compagnon de route de ceux qui luttent contre le libéralisme sauvage de notre époque.

C'était un homme vrai qui ne s'est jamais abaissé pour un passage à la télé. Bien au contraire, il fuyait ce milieu. Je me souviens, néanmoins de cette émission avec Michel Drücker où il évoquait avec sa simplicité coutumière sa vie en Ardèche qu'il aimait particulièrement

L'homme était aussi un immense artiste. Une voix profonde et généreuse à son image, des textes intelligents et émouvants, des chansons qui détonnaient parmi la masse des niaiseries qu'on entendait habituellement à la radio. Il a su comme personne chanter la vie des gens simples dans "Ma France" ou "La montagne", raconter des moments tragiques dans " Nuit et brouillard", "Potemkine", "La Commune" ou "Camarades". Il a fait connaître Aragon et chanté des chansons osées comme " Une femme honnête". Une palette très large avec en filigrane son amour et sa confiance en l'Homme avec un grand H.

Salut l'ami, salut l'artiste ! Tu nous laisses bien seuls !