Paroles, paroles, paroles ...
Quand les hommes ne peuvent changer les choses, ils changent les mots.
(Jean Jaurès)
Très juste cette réflexion de Jaurès que je me permettrais pourtant de reformuler ainsi :
Quand des hommes veulent changer les choses dans le mauvais sens, ils changent le sens des mots.
En effet, dans la bouche de Sarkozy et de ses courtisans, certains mots n'ont pas le même sens que pour le commun des mortels, parfois ils veulent dire exactement le contraire. L'exemple le plus frappant est l'expression "justice sociale"
La justice sociale, dans l'esprit du citoyen de base, c'est une juste répartition de la richesse nationale et une participation aux charges de la société proportionnelle aux possibilités de chacun. Dans l'esprit d'un membre du gouvernement, cela devient : exclure de la répartition de la richesse la grande majorité du peuple, éviter aux plus riches tout effort de solidarité.
On pourrait penser que les mots "moderne" et "réformes" employés dans la même phrase veulent dire que le gouvernement travaille pour changer la société pour le bien de toute la population. En réalité, "moderne" a le sens réel de moyen-âgeux et "réformes" celui de suppression des avancées sociales acquises de haute lutte par la classe ouvrière au XXème siècle.
Naturellement, tous ceux qui s'opposent à la gouvernance "moderne" et aux "réformes" sont nécessairement ringards. La flexibilité, la précarisation, le management style France-Télécom, les parachutes dorés, ça c'est "moderne" coco !! Par contre, lutter contre ces dérives, être solidaires, ça c'est ringard !!